La société civile ACP et européenne défend un « autre accord de Cotonou »
Du 3 au 7 octobre derniers, des représentants d’organisations ACP (Burundi, Rwanda, RDC, Cameroun, Côte d’Ivoire, Kenya, Bénin, Togo, Tchad, Mali, Sénégal,Haïti et Barbade) étaient à Bruxelles,à l’invitation du groupe belge "Cotonou" et de la Confédération européenne des ONG CONCORD pour débattre des relations UE-ACP avec des représentants de la société civile et des autorités européennes.
Le moment central fut un séminaire d’échanges qui permit aux participants d’évaluer tant le dialogue politique que la coopération et les négociations commerciales. Ces débats préparèrent un moment d’interpellation d’un panel où étaient représentés le Service pour l’Action Extérieure (SAE), la Commission, les Ambassadeurs ACP et la Présidence (polonaise) actuelle de l’UE. Un débat à « flux tendu » qui n’a parfois pas évité la langue de bois mais qui permit aux participants d’exprimer leurs craintes face à l’avenir des relations entre les ACP et l’Europe ainsi que leur souhait de revoir celles ci en profondeur.
Le séminaire a été complété par une rencontre de travail avec Mr. Lopez Blanco, directeur pour l’Afrique centrale et de l’Ouest au sein du SAE (qui a notamment porté sur la préparation du 11ème FED), des rencontres avec des parlementaires européens - et notamment Mme Nedelcheva, qui, avec son collègue africain Mr. Mangoula, a présenté lors de l’Assemblée Parlementaire Paritaire de Lomé, le 22 novembre, un rapport sur l’avenir des relations UE-ACP et le secrétariat ACP à Bruxelles- pour débattre du forum de la société civile ACP à la dérive depuis près de 10 ans.
Une semaine très riche qui a débouché sur un plan d’actions pour les mois à venir mais aussi sur une déclaration. Celle-ci reprend une érie d’exigences nées des débats et réflexions produits par le séminaire. Les participants demandent ainsi, afin d’assurer une mise en oeuvre efficace de la coopération ACP – UE et de sauvegarder les valeurs et identités qui la sous-tendent, que :
1. Les signataires de l’Accord de Cotonou et en particulier l’UE, arrêtent de maltraiter les principes fondamentaux de celui-ci et mettent à profit les neuf années restantes pour évaluer de façon indépendante les résultats, effets et impacts de ce partenariat et tirer les enseignements nécessaires afin d’améliorer sa mise en oeuvre ;
2. L’UE mette en oeuvre effectivement et efficacement les principes d’égalité des partenaires, d’appropriation démocratique et de transparence dans le dialogue à travers les futurs accords avec les ACP, ses stratégies régionales conjointes et les négociations d’APE;
3. L’UE fasse de la participation de la société civile ainsi que des parlements une réalité, en communiquant avec ces derniers de manière transparente et à bonne date sur l’exercice de programmation du 11ème FED. Ceci doit se faire en respectant les priorités des pays partenaires et de leurs populations et en facilitant le renforcement des capacités des OSC en matière de contrôle citoyen de l’action publique, par l’allocation de ressources ciblées et suffisantes aux plates-formes nationales ;
4. Le 11ème FED soit négocié dans le cadre d’une stratégie globale d’efficacité de l’aide et du développement, permettant aux Etats ACP de se libérer progressivement de l’aide .
Il est possible de lire le document ici
Note explicative: l'Accord de Coutonou est un Accord (2000/483/CE) de partenariat entre les membres du groupe des États d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, d'une part, et la Communauté européenne et ses États membres, d'autre part, signé à Cotonou le 23 juin 2000.
Les principaux objectifs de l’accord de Cotonou sont la réduction et, à terme, l’éradication de la pauvreté et l'intégration progressive des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) dans l’économie mondiale, tout en respectant les objectifs du développement durable.
Info | cncd.be